Le refus de VLC : quand Google proposait un pacte pour Chrome

Vous souvenez-vous du moment où Google cherchait à s’imposer sur le marché des navigateurs avec Chrome, face à des géants comme Internet Explorer et Firefox ? Imaginez un instant que le succès de Chrome aurait pu être lié à un logiciel que vous utilisez probablement quotidiennement : VLC. Découvrez comment une proposition alléchante a été déclinée par les créateurs de ce lecteur multimédia emblématique.

Les 3 infos à ne pas manquer

  • Google a proposé à VideoLAN 1 dollar par installation de Chrome via VLC, proposition refusée par Jean-Baptiste Kempf.
  • VLC a toujours fonctionné grâce aux dons et bénévoles, sans chercher de gains financiers par des accords de distribution.
  • Le refus de VideoLAN s’inscrit dans une logique de neutralité, même en sacrifiant des millions d’euros de potentiels revenus.

Les débuts de VLC : un projet étudiant devenu incontournable

L’aventure VLC commence en 1998 à l’École Centrale Paris. Ce qui n’était au départ qu’un projet étudiant est aujourd’hui un logiciel de renommée mondiale, cumulant plus de 6 milliards de téléchargements. Derrière cet incroyable succès se cache une association à but non lucratif, VideoLAN, qui fonctionne exclusivement grâce aux dons et au travail de bénévoles.

VLC est devenu une référence dans le monde des lecteurs multimédias, notamment grâce à sa capacité à lire une multitude de formats et à son interface utilisateur claire et fonctionnelle, tout en restant totalement gratuit.

Google et la stratégie de distribution groupée

À une époque où Google cherchait à accroître rapidement sa part de marché pour Chrome, l’entreprise a vu en VLC un partenaire potentiel idéal. Avec des millions de téléchargements réguliers, VLC représentait une opportunité pour diffuser Chrome efficacement et à moindre coût. Google a donc approché VideoLAN avec une offre : proposer Chrome à l’installation de VLC en échange d’un dollar par installation réussie.

Cette pratique est courante dans l’industrie logicielle. Par exemple, Mozilla a financé une partie de son budget grâce à un accord similaire avec Google, où Chrome était proposé comme moteur de recherche par défaut dans Firefox.

La philosophie de VideoLAN : indépendance et neutralité

Jean-Baptiste Kempf, président de VideoLAN, a fermement refusé l’offre de Google. Cette décision s’inscrit dans une longue tradition de l’association de refuser les offres de monétisation. Kempf a expliqué dans plusieurs interviews que VideoLAN avait décliné des propositions cumulant plusieurs dizaines de millions d’euros, toutes visant à intégrer des publicités ou des logiciels tiers dans VLC.

Pour VideoLAN, la neutralité est essentielle. Le refus de l’offre de Google n’est qu’un exemple de la manière dont VLC maintient son indépendance, sans devoir quoi que ce soit à d’autres entités, ce qui leur permet de conserver une liberté totale dans le développement du logiciel.

Conflits actuels avec Google et enjeux de sécurité

La relation entre VideoLAN et Google n’est pas sans tensions. Depuis août 2023, VLC ne peut plus mettre à jour son application Android sur le Google Play Store. Google exige soit la remise des clés de signature privées de l’application, soit l’abandon du support des anciennes versions d’Android TV. VideoLAN refuse ces conditions, qu’ils considèrent comme contraires à leur engagement envers leurs utilisateurs.

Par ailleurs, VLC a été involontairement impliqué dans une affaire de sécurité majeure, lorsque la CIA a utilisé une version modifiée du logiciel pour compromettre des ordinateurs. Cela souligne la popularité de VLC, mais aussi les risques associés à son utilisation massive à travers le monde.

VideoLAN : un modèle unique dans le paysage des logiciels libres

VideoLAN se distingue par son fonctionnement unique dans le monde des logiciels libres. Contrairement à la fondation Mozilla, qui a des employés à rémunérer, VideoLAN ne compte pas de salariés et s’appuie sur des bénévoles passionnés. Ce modèle permet à VLC de rester indépendant, comme l’a démontré le refus de l’offre de Google.

La position de VideoLAN est résolument différente de celle d’autres entreprises du secteur, comme Adobe ou Oracle, qui ont souvent recours à des stratégies de distribution groupée pour maximiser leurs profits. Cette singularité a permis à VLC de rester un logiciel de confiance, gratuit et libre de toute influence commerciale.

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