La bataille entre le moteur de recherche français Qwant et le géant américain Microsoft a pris un tournant décisif. L’Autorité de la concurrence a rejeté la plainte de Qwant, qui accusait Microsoft de pratiques anticoncurrentielles. Cette décision, qui réjouit les Américains, soulève des questions sur l’avenir des moteurs de recherche européens face à leurs homologues d’outre-Atlantique.
Les 3 infos à ne pas manquer
- L’Autorité de la concurrence a rejeté la plainte de Qwant contre Microsoft, faute de preuves suffisantes.
- Qwant dénonce des pratiques d’exclusivité de Microsoft et des hausses tarifaires qui limiteraient son développement technologique.
- Microsoft se félicite de la décision, tandis que Qwant prévoit de faire appel pour défendre la concurrence en Europe.
La plainte de Qwant rejetée par l’Autorité de la concurrence
En janvier dernier, Qwant avait déposé une plainte contre Microsoft, espérant prouver des pratiques anticoncurrentielles et un abus de position dominante. Cependant, l’Autorité de la concurrence a jugé que les preuves apportées par la société française n’étaient pas suffisamment convaincantes. Dans son communiqué, l’organisme souligne que Qwant ne démontre pas de manière probante la position dominante de Microsoft sur le marché de la syndication de résultats.
L’Autorité a également mentionné que d’autres entreprises, comme Google, offrent des services similaires et que le secteur de la publicité liée aux recherches est largement dominé par Google, ce qui dilue l’argument de Qwant contre Microsoft.
Les arguments de Qwant contre Microsoft
Qwant reproche à Microsoft d’imposer des conditions contractuelles discriminatoires, notamment via des pratiques d’exclusivité et des ventes liées. La société française affirme que ces pratiques limitent sa capacité à développer sa propre technologie de recherche et son modèle d’intelligence artificielle. Qwant critique également la hausse des tarifs d’indexation de Bing début 2023, ainsi que l’accès inégal à la publicité liée aux recherches, un élément crucial pour son modèle économique.
Malgré ces arguments, l’Autorité de la concurrence considère que Qwant dispose de ses propres capacités de recherche et que l’entreprise est la seule autorisée par Microsoft à développer sa technologie dans un cadre spécifique. De plus, Qwant a lancé une offre de syndication avec Ecosia, renforçant l’idée qu’il existe des alternatives sur le marché.
Réactions des deux entreprises
Microsoft a accueilli avec satisfaction la décision de l’Autorité, affirmant son engagement à continuer de fournir des services de recherche en ligne de qualité et à encourager l’innovation en Europe. De son côté, Qwant se dit déçu par cette décision, estimant qu’elle minimise l’impact réel des pratiques de Microsoft sur la concurrence. L’entreprise française prévoit de faire appel, espérant défendre des conditions plus équitables pour les acteurs de la recherche en ligne européens.
Contexte du litige entre Qwant et Microsoft
Qwant, moteur de recherche français fondé en 2013, a toujours mis en avant la protection de la vie privée de ses utilisateurs comme argument clé. Depuis 2016, il s’appuie sur la technologie de Bing pour compléter ses résultats de recherche. Les tensions avec Microsoft sont apparues suite à des modifications contractuelles perçues comme désavantageuses. Microsoft, de son côté, est un acteur majeur du secteur technologique, notamment avec son moteur de recherche Bing, qui occupe une place importante sur le marché mondial des moteurs de recherche.