Bruxelles a récemment annoncé que l’AI Act entrera bien en vigueur au 1er août 2025. Dans un contexte où l’innovation technologique est primordiale, les dirigeants de Siemens et SAP appellent à une révision urgente des réglementations européennes sur l’intelligence artificielle. Ces règles, jugées restrictives, freinent l’élan créatif de l’Europe.
Intelligence artificielle : un cadre législatif sous le feu des critiques
Les CEO de Siemens et SAP, Roland Busch et Christian Klein, ont exprimé leurs préoccupations concernant la législation actuelle sur l’intelligence artificielle en Europe. Selon eux, les règles en vigueur limitent la capacité d’innovation des entreprises européennes.
Le cadre législatif, connu sous le nom de AI Act, a été instauré pour garantir la sécurité, la transparence et le respect des droits fondamentaux dans le développement et l’utilisation des systèmes d’IA. Cependant, Busch souligne que ces réglementations sont l’une des raisons pour lesquelles l’Europe est en retard par rapport à d’autres régions du monde en termes d’innovation technologique.
Réglementations européennes : un frein à l’innovation
Le PDG de Siemens, Roland Busch, a critiqué la complexité et les contradictions des lois actuelles, affirmant qu’elles entravent le progrès technologique. Il a particulièrement pointé du doigt la Loi sur les données, qui impose des obligations strictes sur l’utilisation des données des consommateurs et des entreprises.
Pour Busch, ces réglementations sont « toxiques » pour le développement de nouveaux modèles commerciaux numériques. Il a également refusé de signer une lettre adressée à Bruxelles par d’autres géants technologiques, car il estime que leurs propositions de modifications législatives ne vont pas assez loin.
En octobre 2024 dernier, on faisait un état des lieux de l’avancement des géants de la tech en matière de conformité, notamment Alibaba, OpenAI ou encore Meta, montrant que les différents acteurs leaders dans l’intelligence artificielle peinaient à répondre aux exigences européennes.
Une nouvelle approche pour dynamiser le secteur numérique
Christian Klein, le CEO de SAP, a alerté sur le danger de simplement reproduire le modèle américain, qui se concentre principalement sur les infrastructures et les centres de données. Il soutient que le véritable obstacle en Europe n’est pas l’infrastructure, mais des règles obsolètes qui empêchent l’accès aux ressources de données.
Les deux dirigeants appellent à une réforme des règles sur les données avant d’investir massivement dans les centres de données. Selon Busch, l’Europe possède une « mine d’or de données » inexploitées, et il est vital d’en libérer le potentiel pour dynamiser l’innovation.