Microsoft et Natick : son projet de data center sous marin

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En 2019, le géant américain Microsoft avait l’idée folle de lancer un programme expérimental appelé le projet Natick qui consistait à immerger dans la mer des centres de traitement de données (data). Deux années se sont écoulées et Microsoft a décidé de faire remonter les 864 serveurs qu’elle a plongés en immersion sous 35 mètres de fond au large des îles Orcades, au nord de l’Écosse. 

Qu’est-ce que le projet Natick ? 

Le projet Natick est un datacenter déposé dans un conteneur hermétique plongé dans la mer. Ce conteneur cylindrique de douze mètres de long a été créé et assemblé par une société française la “Naval Group France”. Cette entreprise basée à Brest est spécialisée dans la conception de navires et de sous-marins de classe militaire. L’entreprise s’est inspirée de ses modèles de conception pour créer un conteneur doté d’un procédé de refroidissement par circulation d’eau de mer qui est principalement utilisé pour les sous-marins. Ce conteneur regroupe à lui seul 864 serveurs d’une capacité totale de 27,6 pétaoctets de stockage. Il fonctionne par le biais d’une alimentation à base d’énergie renouvelable fourni par un câble relié à la terre. Ce câble sous-marin fournit également la connexion à internet et ne nécessite aucune intervention humaine.

Le but principal du projet Natick est de chercher à fournir des services cloud ultra-rapides et moins coûteux économiquement et énergétiquement aux populations côtières et pour cela Microsoft a décidé de chercher comment il peut atteindre son objectif en testant les éléments à commencer par la mer. 

Des études ont prouvé qu’au fil du temps les datacenters subissent énormément de dommages dû à la corrosion. Celle-ci est causée par l’humidité, l’oxygène ambiant, ainsi que par les variations de température. C’est pour ces raisons que Microsoft a souhaité vérifier si les serveurs seraient intactes et  mieux protégés s’ ils étaient placés dans des caissons étanches, sous l’eau. En effet, la mer a l’avantage d’être exposée à des conditions climatiques qui varient très peu. Après ces deux ans passés, la multinationale a souhaité les faire remonter afin d’observer les effets que l’eau a eu sur ses serveurs et recueillir toutes les informations nécessaires pour étoffer son rapport d’expérience.

Quels sont les impacts de la mer sur les serveurs informatiques ?

Les données recensées après ces deux années d’immersion dans l’eau de mer sont très positives dont voici les plus impactantes : 

Un taux de défaillance réduit 

Après avoir ouvert les conteneurs, il semblerait que le data-center sous-marin ne recense que 12 % du taux habituel de défaillance enregistré dans une centre de données terrestre, ce qui est extrêmement positif. C’est-à-dire que pour huit serveurs défaillants placés sur terre, il n’y a qu’un seul serveur a changé lorsqu’il est placé sous l’eau. De plus, cette donnée démontre que les techniciens interviendront moins souvent sur les serveurs, ce qui est rassurant et encourageant vu la complexité de procéder à des réparations sous l’eau. Microsoft confirme que le datacenter sous-marin pourrait fonctionner pendant environ cinq ans sans avoir besoin de maintenance.

Un impact environnemental réduit

Alimentées par des énergies renouvelables marines et refroidies par l’eau de mer, les données prélevées démontrent que le datacenter a un impact environnemental réduit au niveau de l’empreinte carbone. Microsoft précise même que le conteneur consomme un peu moins d’un quart de mégawatt lorsqu’il est à pleine charge.

Quelle est la suite de ce projet ? 

Le géant américain souhaite placer des conteneurs de serveurs près des villes côtières, dans le but de réduire le temps d’accès aux données ainsi que les applications stockées dans le Cloud. Microsoft rappelle que plus de la moitié de la population mondiale vit à moins de 200 km d’une côte ce qui est un argument supplémentaire pour intégrer des datacenter sous-marin

L’équipe du projet Natick a pour ambition de créer une installation trois fois plus grande co-développée avec un concepteur de systèmes d’énergie renouvelable issus de la mer. Un premier essai est prévu pour l’année prochaine. Le lieu reste encore à définir, le choix se portera soit sur la Floride ou soit l’Europe du Nord. 

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