Wish, 1er site e-commerce à être déréférencé par le Gouvernement

L'enseigne wish va être déréférencée du web

Coup dur pour l’enseigne Wish qui vient de se prendre un carton rouge. Le marketplace risque d’être bientôt banni du web français. À une semaine du très attendu black friday et à 30 jours des fêtes de fin d’année, cette décision tombe comme un couperet pour le site de bonnes affaires. Retour en détail sur cette pénalité des autorités françaises qui risque de faire très mal à la firme américaine.

Déréférencement imminent du site sur les moteurs de recherches

Vous connaissez certainement Wish, la célèbre plateforme américaine de vente en ligne de produits made in China. Ce 24 novembre, Le ministre de l’Économie, Bruno Le Maire, le secrétaire d’État chargé de la Transition numérique Cédric O, et le ministre délégué chargé des PME, Alain Griset, ont annoncé  le déréférencement du web français. C’est une première dans le monde du digital ! Les autorités estiment que le site pratique une « concurrence déloyale » suite à une enquête de la répression des fraudes. Dans un communiqué officiel, Les autorités « ordonnent aux principaux gestionnaires de moteurs de recherche et magasins d’applications mobiles de déréférencer le site de ecommerce Wish » ainsi que son application sur mobile qui connaîtra le même sort. «Il n’y a pas de raison de tolérer en ligne ce que nous n’acceptons pas dans les commerces physiques», a expliqué Bruno Le Maire, ministre de l’Économie au Parisien.

Wish persona non grata sur le web français

L'application wish va être interdite en France
Le site Wish ainsi que son application mobile va être banni du web français à cause de ses pratiques frauduleuses (iStock/alexsl)

Après plus d’un an d’enquête, 9 000 annonces épluchées et plusieurs mois de relance, «Wish n’effectuait pas les retraits et les rappels de produits de manière satisfaisante, comme elle en a pourtant l’obligation au titre de son statut de distributeur. » À travers cette mesure disciplinaire, le gouvernement souhaite «mettre fin aux manquements de Wish quant aux obligations de sécurité des produits qu’il vend ». L’accès au site sera toujours possible, néanmoins les moteurs de recherche ne redirigeront plus les internautes vers la plateforme. En effet, lorsque l’utilisateur tapera l’adresse du site, il n’apparaîtra pas dans les résultats de recherche. Pour y accéder, il faudra tout simplement renseigner l’url dans la barre d’adresse.

Des produits vendus non conformes jugés dangereux par la DGCCRF

Les autorités françaises et le gouvernement jugent que la plateforme e-commerce commercialise des produits qui ne sont pas toujours conformes aux normes européennes et françaises et qu’ils peuvent représenter un danger potentiel pour la santé des consommateurs. Une enquête de la DGCCRF (la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes) a identifié sur le site la présence de plusieurs articles non-conformes. En effet, il faut savoir que l’enseigne vend toutes sortes de produits tels que des articles de mode, de la décoration, du High Tech…

Le site e-commerce pointé du doigt par 60 millions de consommateurs 

Grâce à son investigation minutieuse, la répression des fraudes a permis de mettre le doigt sur «des produits non conformes et dangereux, avec des taux de dangerosité particulièrement élevés pour certaines familles de produits », a t-on déclaré dans le communiqué du ministère de l’Économie. Parmi les familles de produits, on retrouve des jouets, dont 95% ne seraient pas aux normes, et 45% présentent un danger, également « les appareils électriques (95 % non conformes, dont 90% dangereux) et des bijoux fantaisistes (62 % dangereux) ». Cela fait plusieurs mois que Wish était dans le viseur de la DGCCRF. L’association défense des consommateurs 60 millions de consommateurs, avait auparavant pointé du doigt le site e-commerce pour ses pratiques trompeuses.

Recours juridique pour Wish qui conteste la décision

La plate-forme américaine, basée à San Francisco, a vu le jour en 2010 et enregistre pas moins de 100 millions d’utilisateurs actifs par mois à travers le monde. En 2019, la plateforme affichait un chiffre d’affaires d’1,9 milliards de dollars. Le site d’articles bon marché restera sanctionnée tant qu’elle n’appliquera pas les lois en se conformant. En juillet 2021, la DGCCRF avait déjà interpellé Wish sur ses irrégularités en lui demandant de se mettre en conformité dans un délai de deux mois, mais le site n’a pas de donné de suite satisfaisante. Wish qui juge cette sanction «disproportionnée» a immédiatement annoncé qu’elle fera  «un recours juridique pour contester ce que nous considérons comme une action illégale» Pour se justifier, le site e-commerce estime qu’elle n’a «aucune obligation légale d’effectuer des contrôles sur les 150 millions de produits» qu’elle commercialise sur sa plateforme. «Chez Wish, nous nous efforçons de proposer la meilleure expérience client et l’une de nos préoccupations principales est de mettre à disposition des produits de qualité pour nos utilisateurs. Même si en tant que plateforme de marché, nous n’avons aucune obligation légale d’effectuer des contrôles sur les 150 millions de produits proposés à la vente sur notre site web, nous investissons dans un large éventail de programmes conçus pour attirer et récompenser les vendeurs qui proposent des articles de qualité, et limiter la visibilité de ceux qui proposent des articles de qualité moindre, a déclaré Wish pour sa défense».

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